Le travail posté, et plus particulièrement le travail de nuit, expose les collaborateurs à des risques bien connus : fatigue chronique, troubles métaboliques, sommeil perturbé, baisse du bien‑être général. Mais un facteur est souvent sous-estimé : l’impact de l’alimentation et du mode de vie en horaires décalés.
Une étude française menée auprès de 235 travailleurs postés apporte un éclairage très concret et ouvre des pistes d’action efficaces. Chez PM PRÉVENTION, nous nous appuyons sur ce type d’évidence scientifique pour construire nos accompagnements.
Travail de nuit : pourquoi l’alimentation se dérègle
L’étude rappelle un constat simple : lorsqu’on travaille la nuit, les habitudes alimentaires se décalent, se fragmentent, et perdent leur qualité.
Les causes sont multiples :
• repas pris trop vite entre deux tâches
• fatigue qui pousse vers les produits sucrés
• difficultés d’organisation des repas
• absence d’options adaptées sur site
• dérégulation des signaux de faim/satiété
Ces déséquilibres accentuent les risques métaboliques et la fatigue. Ils impactent aussi la vigilance, essentielle pour les métiers industriels, logistiques ou de sécurité.
Une intervention d’un an… et des résultats solides
Dans l’étude, 235 travailleurs postés avec horaires de nuit ont bénéficié d’un accompagnement nutritionnel structuré pendant un an.
Le programme était simple :
• un premier entretien avec une diététicienne pour définir des objectifs réalistes
• un point à 3 mois
• un rappel personnalisé à 6 mois
• un bilan complet à un an
Les comportements ont été comparés entre le début et la fin, grâce à des questionnaires validés.
Résultats observés :
• meilleure gestion des produits sucrés (p < 0,001)
• augmentation de la consommation d’eau (p = 0,02)
• baisse de l’apport en sel (p = 0,05)
• augmentation de l’activité physique de loisirs (p = 0,001)
• diminution des apports énergétiques journaliers (p < 0,001)
Autrement dit, des actions simples et régulières suffisent à créer des changements profonds, même chez un public soumis à des contraintes fortes.
A SAVOIR : Dans cette étude, la valeur “p” indique à quel point un résultat a peu de chances d’être dû au hasard. Plus “p” est faible, plus l’effet observé est considéré comme réel. Ainsi, lorsque les auteurs rapportent p < 0,001 pour la baisse des produits sucrés ou des apports énergétiques, cela signifie que ces améliorations sont extrêmement peu susceptibles d’être liées au hasard et reflètent très probablement l’impact réel de l’intervention nutritionnelle menée auprès des travailleurs postés.
Ce que les entreprises peuvent retenir
Cette étude montre que la prévention nutritionnelle n’est pas un “plus”. C’est un véritable levier santé pour une population particulièrement exposée.
Trois enseignements clés :
L’accompagnement doit être structuré
Un suivi planifié dans le temps, même léger, donne de bien meilleurs résultats qu’une action ponctuelle.
Les recommandations nutritionnelles fonctionnent aussi en horaires décalés
Les repères officiels (PNNS) s’adaptent parfaitement au travail posté, à condition de tenir compte du rythme du collaborateur.
Les changements réalistes sont plus efficaces que la volonté seule
Modifier l’environnement, structurer les repas, ajuster les apports la nuit : ce sont des leviers concrets qui limitent la fatigue et favorisent la santé.
L’approche PM PRÉVENTION
Chez PM PRÉVENTION, nous retrouvons sur le terrain exactement ce que montre cette étude : les travailleurs postés et les équipes de nuit font face à des contraintes spécifiques qui influencent fortement leur alimentation, leur énergie et leur santé globale. Les pics de consommation sucrée au cœur de la nuit, les repas pris trop tard ou de façon irrégulière, le manque d’hydratation et les difficultés à maintenir une activité physique régulière sont des situations que nous observons quotidiennement.
C’est précisément pour cela que nos ateliers ne reposent jamais sur des conseils génériques. Ils sont systématiquement construits à partir de la littérature scientifique la plus solide, dont l’étude de Gusto et al. fait partie. Les preuves sont claires : une intervention structurée, réaliste et personnalisée améliore durablement les comportements nutritionnels des travailleurs postés.
Dans nos accompagnements, nous traduisons ces résultats en actions simples et applicables :
• aide à structurer les repas selon les horaires réels du poste,
• stratégies pour limiter les apports sucrés en période de fatigue,
• repères PNNS adaptés au travail nocturne,
• techniques pour améliorer progressivement l’hydratation,
• intégration de micro‑pauses actives inspirées des données scientifiques sur l’activité physique,
• recommandations réalistes pour stabiliser l’énergie et éviter les “coups de barre” liés au rythme circadien.
Nous combinons nutrition, sophrologie et activité physique adaptée, car les trois approches sont validées par les recherches comme leviers efficaces pour limiter la fatigue, améliorer la vigilance, réguler le stress et prévenir les troubles métaboliques chez les travailleurs en horaires décalés.
Notre philosophie est simple :
chaque atelier que nous proposons doit être scientifiquement fondé, concrètement applicable et adapté aux réalités du terrain.
Comme le montre l’étude, ce sont ces approches structurées et fondées sur des preuves qui permettent aux collaborateurs d’ancrer de nouveaux comportements durables, même dans des environnements exigeants comme le travail posté ou le travail de nuit.
Conclusion
Le travail de nuit ne condamne pas la santé mais il nécessite un accompagnement adapté, structuré et régulier.
L’étude de Gusto et al. le montre clairement : une intervention simple, personnalisée et suivie améliore durablement les comportements nutritionnels des travailleurs postés.
Les entreprises qui souhaitent protéger leurs collaborateurs de nuit disposent donc de leviers efficaces, scientifiquement validés, et faciles à mettre en place.
SOURCES :
Gaëlle Gusto, Sylviane Vol, Gérard Lasfargues, Violaine Voisin, Martine Bedouet, Caroline Leglu, Bénédicte Grenier, Nane Copin, Olivier Lantieri, Jean Tichet,
Promouvoir un meilleur comportement nutritionnel chez les travailleurs postés avec horaires de nuit,
La Presse Médicale, Volume 44, Issue 5, 2015, Pages e191-e201, ISSN 0755-4982,
https://doi.org/10.1016/j.lpm.2014.09.024.