L’alimentation durable était au cœur des débats lors du International Congress of Nutrition (ICN 2025) à Paris. Les chercheurs Adam Drewnowski et Nicole Darmon ont rappelé un point essentiel : manger durable, ce n’est pas seulement «manger bio» ou «réduire la viande».
1 équilibre complexe entre 4 dimensions :
L’alimentation durable c’est tendre vers 4 grandes thématiques, de prime abord par forcément compatible
- Santé et sécurité nutritionnelle : garantir des apports de qualité pour tous,
- Accessibilité économique : des choix alimentaires abordables pour les consommateurs et viables pour les producteurs,
- Impact environnemental réduit : limiter les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’eau et l’usage des terres,
- Respect des aspects sociaux et culturels : tenir compte des préférences et des habitudes alimentaires.
Pourquoi ces dimensions sont difficiles à concilier ?
Ces piliers sont interdépendants et parfois contradictoires :
- Les aliments très nutritifs (protéines animales de qualité) sont souvent plus chers et plus polluants.
- Les produits bon marché sont généralement pauvres en nutriments.
- Les préférences alimentaires vont souvent vers des aliments gras et sucrés, accessibles mais peu sains
Unité de mesure : un piège courant
Comparer les aliments au kilo peut induire en erreur. Exemple : tomates (3 €/kg) vs chips (8,4 €/kg). Si l’on compare le coût par calorie, les chips sont bien plus « économiques » (800 kcal pour 1 € contre 70 kcal pour les tomates). Ce détail illustre la complexité des analyses.
3 leviers pour une alimentation plus durable
Nicole Darmon propose des actions simples à l’échelle individuelle :
- Réduire le gaspillage alimentaire : acheter moins, jeter moins, consommer juste ce qu’il faut.
- Adopter une alimentation frugale et diversifiée : éviter les excès caloriques, privilégier la variété.
- Tendre vers un régime flexitarien : moins de viande, plus de produits laitiers, œufs, céréales complètes, légumineuses, fruits à coque.
Ces ajustements permettent de concilier santé, budget et impact environnemental, sans renoncer à la culture alimentaire.
Ces leviers et ce travail sur l'alimentation durable sont le fruit du travail de deux des plus grands spécialistes : Pr. Drewnoski et Dr. Darmon Nicole.

Adam Drewnowski
- Poste : Professeur d’épidémiologie à l’Université de Washington (Seattle), Directeur du Center for Public Health Nutrition et du Center for Obesity Research.
- Formation : MA en biochimie (Oxford), PhD en psychologie (Rockefeller University).
- Domaines de recherche :
- Obésité et inégalités sociales dans l’alimentation.
- Économie de la nutrition : lien entre coût des aliments, qualité nutritionnelle et durabilité.
- Développement d’indices comme le Nutrient Rich Foods Index et l’Affordable Nutrition Index.
- Études sur les préférences alimentaires (gras, sucre, sel) et la génétique du goût.
- Approche : Transdisciplinaire (nutrition, épidémiologie, économie, urbanisme).
- Publications : Plus de 300 articles scientifiques, reconnu mondialement pour ses travaux sur la durabilité alimentaire et la sécurité nutritionnelle
- Poste : Directrice de recherche à l’INRAE (UMR MOISA, Montpellier), spécialisée dans les systèmes alimentaires durables.
- Formation : Doctorat en nutrition humaine, HDR.
- Domaines de recherche :
- Compatibilité entre les dimensions nutritionnelles, économiques, environnementales et socioculturelles des régimes durables.
- Nutrition quantitative : modélisation et optimisation des régimes pour concilier santé, coût et impact environnemental.
- Programmes d’intervention pour populations vulnérables (ex. Opticourses, JARDinS).
- Objectif : Favoriser l’accès à une alimentation saine et durable pour tous, en tenant compte des contraintes économiques et culturelles.
- Distinctions : Lauréate du Prix Benjamin Delessert pour ses travaux sur la durabilité alimentaire.

Nicole Darmon
Pourquoi PM PRÉVENTION s’engage ?
Chez PM PRÉVENTION, nous aidons entreprises et collectivités à intégrer ces principes dans leurs politiques alimentaires et leurs actions de prévention santé. Parce qu’une alimentation durable est un enjeu collectif, mais aussi une démarche individuelle.